Deployment

De la trace à l’oeuvre ; de l’empreinte au corps qui l’imprime s’ouvre un espace de jeu, un lieu de possibles où se déploient les sens; Sensuels et sensés, absolument enivrés. Toutes les toiles d’Isabelle Gros font ce rêve de la communion des contraires où l’ange se fait matière; baiser déposé sur l’autel de la chair. A la fois touchante et touchée, ni tout à fait active, ni vraiment passive, la peinture ici nous invite à saisir une ligne de plis, une utopie, un non-lieu fragile où deux dimensions de l’être se mêlent : L’image et son modèle en un seul instant réunis. Ivres de vie, faisant le pari de l’amour fou, les corps que peint Isabelle Gros ne savent plus mentir, ils dansent ou sont suspendus au-dessus du vide. Ni amant, ni aimé, mais aimantés à une même énergie, certains chutent, d’autres s’envolent, mais tous clament, d’une manière ou d’une autre, leur innocence. Et si Narcisse, en voulant toucher son reflet, ne s’était pas noyé?